Ma chronique, 1 mois après!

Si on m’avait dit qu’un jour je gagnerais un concours littéraire et que je partirais à Paris sans culotte, j’aurais filé chez mon buraliste pour lui gratter quelques morpions.
Je m’explique.
Si il y en a bien une qui n’est pas sure d’elle, c’est moi. Même si je montre le contraire. Même si je me pavane régulièrement dans mon costume de SAO (Super Allumée Optimiste.)
Alors, quand j’ai lu « Touchée…Coulée! » dans les 14 présélectionnées, j’ai dansé en pleurant tout doucement pour ne pas que mes voisins m’entendent.
Quand j’ai ouvert le mail de Claire Germouty le 24 septembre à 0 heures 24 minutes, j’ai glissé sur le sol de ma cuisine fuchsia et j’ai repéré qu’il fallait que je passe la serpillère.
Quand j’ai eu le premier coup de fil doré de Caroline Michel, j’avais les bras pleins de livres du jury, histoire de ne pas monter la tête vide.
Quand j’ai abandonné mes élèves pour prendre la poudre d’escampette, je tremblais de ne pas en avoir l’autorisation hiérarchique.
Quand j’ai recompté fiévreusement le nombre de mes tenues pour le soir, je me suis rendue compte que j’avais oublié les sous-vêtements qui allaient avec.
Quand il a fallu que je fasse la quête pour pouvoir pisser à la gare, j’ai transpiré le mauvais rôle dans un film amateur.
Quand je me suis rendue 8 rue Saint Fiacre, j’avais des crampes au ventre à force de le dissimuler et j’ai pensé que moi aussi, j’aurais bien fait une petite partie de ping pong dans la cour.
Quand j’ai rencontré Raphaëlle, j’ai compris que je n’étais pas la seule à m’angoisser, mais qu’elle devait être plus vraie que moi, parce que chez elle, ça se voyait.
Quand avec Elisabeth on a constaté que la jeune femme au diadème  ne trouvait pas nos noms sur la liste des invités, on était bien contentes de s’être trouvées  pour en rire toute la nuit et aussi parce qu’on avait le même âge, 4ans.
Quand j’ai pris mon premier cours de Twitter avec Tatiana de Rosnay, je me suis dit qu’une météorite n’allait pas tarder à remplacer la balle de ping pong.
Quand on m’a demandé de dire au micro d’où venait ma nouvelle, j’ai cru qu’on me demandait si j’avais une double vie.
Quand on m’a couverte de cadeaux, j’ai rayonné et j’ai cru que finalement j’avais gagné une pochette parce que mon carton Longchamp était plus petit que les autres.
Quand les gagnantes m’ont dit qu’on allait au resto avec le jury, j’ai pensé qu’elles étaient la preuve qu’on pouvait très vite prendre la grosse tête.
Quand il a fallu choisir un plat, on s’est dit avec Elisabeth que c’était un piège, qu’il fallait choisir le carpaccio de bar et roquette aux épices safranées plutôt que l’assiette de charcuterie.
Quand on a trouvé mon carnet rose rempli de notes sur le jury, j’ai eu peur de passer pour une psychopathe.
Quand Claire m’a parlé de la suite de l’aventure, je me suis demandée comment elle pouvait autant briller dans le noir.
Quand je n’ai pas fumé de clope avec Camille Anseaume, j’ai bu tous ses conseils en me demandant si un jour, moi aussi j’aurais des bottes en or.
Quand j’ai glissé ma critique de 50 nuances de Grey à Olivier Norek, j’ai espéré qu’il ne prenne pas ça pour des avances.
Quand à la fin de la soirée la star, c’était mon carnet, j’ai tenu le rideau pour qu’on le prenne en photo et je me suis dit que j’avais bien fait d’en acheter une dizaine.
Quand Claire nous a dit de ne pas nous inquiéter si on n’avait pas de nouvelles avant la fin de la semaine parce qu’elle repartait au Panama, j’ai rêvé que l’année pourrait être merveilleusement chargée.Peut-être.
Aujourd’hui, j’y pense et je n’oublie pas. Je ne pense même qu’à ça ! C’est une fenêtre ouverte qui n’a pas de prix, je dois m’y glisser ou mourir de chaud. 

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